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L'Expression - lundi 2 septembre 2013

L'eau c'était lui!

Pour avoir occupé le poste de ministre de Ressources en eau durant huit longues années, (2004-2012), Abdelmalek Sellal, ce commis de l'Etat chez qui des anecdotes coulent à flots n'a raconté de blagues que quand il s'est agi d'étancher la soif des Algériens. L´eau c´était lui. C´était lui qui a définitivement asséché le stress hydrique en Algérie. C'était lui qui a ressuscité chez les Algérois le plaisir de prendre une douche deux fois par jour en été.
Sous l'ère Sellal en tant que ministre des Ressources en eau, l'Algérie s'est attaquée au grand chantier du siècle: mobiliser le plus de ressources possibles en eau. Aussi, l'Algérie a-t-elle pris ses précautions en
décidant de mobiliser d'ici 2015, près de 9 milliards de m3 et ce, dans les 60 barrages. Ce n'est pas tout, puisque d'autres projets, notamment ceux touchant les villes des Hauts-Plateaux, sont aussi au programme. Il
s'agit notamment du transfert de 600 millions de m3/an à partir de Messad-El Goléa vers Boussaâda jusqu'au sud de la wilaya de M'sila. Avec 600 m3 par habitant et par an, notre pays se trouve en dessous du seuil des 1 000 m3 qui séparent les pays en carence d´eau et les mieux lotis.
Cependant, les projets qui se réalisent
actuellement en Algérie contredisent ces données qui semblent déjà dépassées. Un budget de 19 milliards de dollars est réservé durant le prochain programme quinquennal pour le secteur de l´eau. A la fin de l´année 2009, l´Algérie disposera de 72 barrages d´une capacité globale de 7,4 milliards de m3. Durant la même période, la capacité d´épuration sera de 600 millions de m3 avec la réalisation de 40 nouvelles stations d´épuration. Ces barrages et ces stations seront donc appuyés par les ressources non conventionnelles, comme le dessalement de l'eau de mer et l'épuration des eaux usées qui sont aussi au programme. C'est dire que le gouvernement algérien a pris à bras-le-corps la problématique de l´eau à travers la réalisation de grands ouvrages.
Le complexe hydraulique de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila, est l'une des réalisations les plus stratégiques dans le programme de développement du secteur des ressources en eau. Cet énorme édifice d´une capacité de 960 millions de m3 d´eau alimentera en eau potable près de quatre millions de personnes à l´est du pays. Le complexe de Taksebt à Tizi Ouzou n´est pas des moindres avec ses 170 millions de m3 puisqu´il alimentera pas moins de trois wilayas dont une grande partie de la capitale.
 
Dans la wilaya de Bouira, c´est le barrage de Koudiat Acerdoune, un véritable bijou d´une capacité de 640 millions de m3. A ces réalisations, il faut ajouter le projet de transfert Mostaganem-Arzew-Oran (MAO) et le projet du siècle, à savoir le transfert In Salah-Tamanrasset sur une distance de 750 km. C´est dire que le défi est grand dans le domaine de l´eau. On peut se passer de plusieurs choses nécessaires à la vie comme un emploi, un logement, le transport et tout le reste, sauf l´eau. Source de vie, mais aussi de conflit, l´eau est aujourd´hui au centre des géostratégies planétaires. En témoigne la situation au Proche-Orient où la problématique de l´eau dépassera à terme celle du pétrole. Israël s´est approprié cette ressource dans la région, assoiffant du coup la Palestine et une partie de la Syrie. La Jordanie et le Liban vivent le même stress. L´Irak dépend toujours de la Turquie. Avec l´explosion démographique, l´excessive urbanisation et le développement de l´agriculture intensive, les deux tiers de la planète manqueront d'eau d'ici à l´horizon 2025. L´Algérie fait-elle exception à cette règle? Pour le moment, notre pays tend vers une autosatisfaction, mais encore faut-il savoir gérer cette ressource.

Brahim TAKHEROUBT


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