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Le Soir d’Algérie - mardi 13 décembre 2005

EXPLOITATION DE LA NAPPE ALBIENNE

 

Les experts redoutent la menace sur les eaux fossiles

Comment exploiter les eaux souterraines dans le Sahara et puiser la précieuse ressource de la nappe albienne de façon rationnelle, telle est la problématique abordée lors du colloque international qui se tient depuis hier dans la ville de Ouargla.
L’amélioration de l’exploitation de la nappe fossile à long terme est une priorité, a déclaré hier M. Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau en visite dans la wilaya de Ouargla. Evoquant une exploitation abusive de la nappe albienne, le ministre a précisé qu’il était urgent de mettre un terme à cette situation qui menace aussi bien la ressource fragile que l’environnement. Exemple qui illustre on ne peut mieux les incidences de l’utilisation sauvage de la nappe et la situation de remontée des eaux, véritable catastrophe écologique pour les régions d’El-Oued et de Ouargla. Le ministre a également évoqué le danger que constitue le pompage des eaux souterraines dans les plaines de la Mitidja, Annaba et Khris et a insisté sur une nouvelle politique de l’économie de l’eau. Pour ce qui est de la nappe albienne, les spécialistes recommandent une répartition rationnelle et équitable dans le Sud, mais aussi vers les Hauts- Plateaux.

 Exploitation qui doit se faire, selon M. Sellal, uniquement à des fins de développement et dans le cadre de la durabilité. Surexploitation de la nappe, donc, équipement inadéquat des forages, salinisation des eaux par interférence de nappes ainsi que la pollution constituent, selon les spécialistes, autant de raisons qui suscitent l’inquiétude. L’utilisation de l’eau pour les besoins industriels, à partir de la nappe albienne et principalement dans les zones du sud de la région de Ouargla est en croissance constante selon les spécialistes. Ces derniers mettent toutefois en garde contre l’exploitation excessive des eaux pour les injections dans les puits pétroliers.
La menace de la conversion des sondages pétroliers en puits Ainsi, la reconversion des forages pétroliers en puits d’eau par les sociétés pétrolières a, expliquent les experts réunis à Ouargla, de graves problèmes sur le milieu.
Cette situation risque d’engendrer des situations graves, voire irréversibles. De ce fait, la Sonatrach, déclarent les intervenants, a procédé à la réalisation de plusieurs sondages profonds et à la suite de cas de recherche infructueuse, certains, faute d’être bouchés avant abandon, ont été convertis en forage d’eau destinés souvent à l’irrigation.

Les réalisations sont faites sur l’albien sans études préalables.
Les présents rappelleront en outre que la réalisation et l’équipement des sondages pétroliers ne sont pas conformes aux normes définies pour les forages d’eau. Par conséquent, cette conversion de sondages pétroliers en puits d’eau, sans prise en compte des spécificités de l’albien, peut provoquer des dégradations importantes.
Les experts recommandent pour une meilleure gestion de l’eau industrielle, l’amendement de la réglementation en vigueur ainsi que la révision du tarif fixé à 80 DA le m3/d’eau par la loi de finances 2003.
Par ailleurs, et à court terme, a annoncé le ministre, deux grands projets structurants seront réalisés dans le Sud. Le premier est une adduction de 750 km qui alimentera à partir des champs captants de Aïn-Salah, la ville de Tamanrasset.
Le second projet permettra d’exploiter un volume annuel de l’ordre de 120 millions de m3 à partir des champs captants situés entre le sud de Djelfa et Ghardaïa, pour répondre aux besoins de développement de la région de Djelfa, Tiaret, la nouvelle ville de Bouguezoul et la région de M’sila.

F. Z. B.


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